Héraclès ou la gloire d'Hera
Naissance d'Hercule :
Jupiter sous les traits d'Amphitryon (roi de Thèbes) a mis Alcmène enceinte. Hercule, fils de Jupiter devait régner sur les royaumes de Mycènes et de Tirynthe. Junon, femme de Jupiter et déesse du mariage, jalouse conclut avec Jupiter le pacte suivant : si Hercule venait à naitre avant son cousin (fils de Nicippe et Sthénélus), il règnerait sur ces 2 royaumes. S'il venait à naitre après, il devrait obéir à son cousin qui règnerait. Junon avait pour alliée sa fille, Ilithye, la déesse des accouchements qui s'arrangea pour qu'Eurysthée (fils de Sthénélus et Nicippe) naisse avant Hercule. Peu après, Alcmène donna naissance à 2 enfants : Iphiclès et Hercule. Hercule eu pour berceau le bouclier du roi de Thèbes.
Alors qu'il était couché dans son berceau, Junon, qui avait juré la perte de l'enfant, introduisit dans la chambre d'Hercule une panière et disparut.
Deux énormes serpents sortirent en sifflant alors du panier et se dirigèrent vers Hercule. Ils se glissèrent dans le bouclier et s'enroulèrent autour du nouveau né qui les saisit violement par le cou et les étrangla.
Pour rendre Hercule plus fort, Jupiter avec l'aide de Mercure, décida de lui faire boire le lait de Junon durant le sommeil de la déesse. Hercule téta Junon si fort que le lait continua de jaillir abondamment de la poitrine divine donnant naissance à la Voie Lactée.
Enfance d'Hercule
Jupiter chargea Amphytrion d'élever Hercule comme son propre fils. Plusieurs maîtres se succédèrent auprès d'Hercule pour lui enseigner dont Linos qui gifla un jour l'enfant. Hercule le frappa en retour mais Linos tomba, mort.
Amphytrion décida d'exiler Hercule dans les montagnes. Il ne pourrait revenir au palais qu'à sa majorité.
A la veille de ses dix huit ans, Hercule partit chasser un lion qui s'attaquait fréquemment aux troupeaux des bergers voisins. Il le poursuivi pendant 2 mois avant de le tuer. Il le dépeça pour présenter sa dépouille à Thèbes lors de son retour. En arrivant à Thèbes, il croisa les ambassadeurs d'Erginos (roi de la ville d'Orchomène) venant réclamer un tribut de cent bœufs à Amphytrion comme chaque année. Hercule les empêcha de passer et leur trancha le nez et les oreilles avant de les renvoyer à leur roi. S'en suivit un combat dans lequel Amphytrion perdit la vie. Hercule dévia le cours d'un fleuve du Cithéron pour inonder la plaine où de déroulait les combats et tua d'une flèche Erginos. Les survivants rentrèrent chez eux avec pour consigne d'amener chaque année un tribut de deux cents bœufs à Thèbes. Le nouveau roi de Thèbes, Créon, accueillit Hercule en libérateur et lui offrit la main de sa fille Mégara dont hercule était tombé amoureux.
Il fondèrent un foyer et eurent trois enfants.
Junon ruminait sa vengeance et ordonna à Erinyes de rendre fou Hercule. Il tua alors ses trois enfants et sa femme. Eploré, il décida de se rendre à Delphes pour interroger les dieux sur sa vie. La Pythie lui dit alors de se rendre à Tyrinthe et d'obéir à son cousin Eurysthée et de réaliser les 12 travaux qu'il avait à lui confier pour se laver de ses crimes.
Les 12 Travaux Hercules
1. Tuer le lion de Némée :
La première tâche ordonnée par Eurysthée fut de se rendre dans la forêt de Némée et de tuer le lion qui dévore les troupeaux des bergers.
Apercevant enfin l'animal, Hercule lui décoche une flèche puis une autre et encore une autre sans résultat. Il défis ensuite l'animal avec son glaive et essaye de le transpercer. Mais la peau de l'animal était tellement dure que le glaive se tordit.
Le lion était d'origine divine : c'était le fils de Typhon (fils de Gaïa, la Terre et du Tartare, des Enfers), nourrit par Junon en personne. Depuis plusieurs générations, il ravageait les troupeaux, dévastait les villages et dévorait les habitants de la région.
En se promenant dans la forêt, Hercule ramasse une branche d'olivier et s'en fait une massue pour assommer le lion. Il pénètre ensuite dans une caverne, qui aux vues des ossements entassés à l'entrée, s'avérait être l'antre du lion. Hercule aperçut le lion s'enfonçant dans l'obscurité de la caverne. Il le suivit jusqu'à aboutir à l'air libre. Le lion lui ayant échappé, Hercule décida le bloquer l'une des entrées de la caverne et d'attendre le retour du fauve. Quand le lion apparut, Hercule attendit quelques instants avant de pénétrer dans la caverne pour défier son adversaire qui comprit qu'il était pris au piège.
Hercule lui asséna ensuite plusieurs coups de massue qui étourdirent à peine le fauve. Il lui sauta sur le dos et l'enserra autour de la gorge avec ses bras jusqu'à l'étouffer. Il avait vaincu le lion de Némée. Il devait ensuite ramener la peau de l'animal à Eurysthée pour lui prouver sa réussite. Son glaive ne transperçant pas la peau du fauve, il utilisa une de ses griffes pour le dépecer.
Il ramena la peau à Eurysthée qui le chassa de la ville. Jupiter fier de son fils créa des étoiles, et c'est ainsi que naquit la constellation du lion.
2. Tuer l'hydre de Lerne
Non loin de Tyranthe, dans la région de lerne, se trouvait un immense marécage repaire d'un énorme reptile, l'hydre qui possédait 9 têtes. Ce monstre était également le fils de Typhon tout comme le lion de Némée. Son haleine empoisonnée dissuadait quiconque de l'attaquer et sa tête centrale était immortelle.
Tuer l'hydre de lerne fut la prochaine mission imaginée par Eurysthée, pensant ainsi se débarrasser de son cousin.
Iolas, fils d'Iphicles, proposa son aide à Hercule pour vaincre l'hydre. Hercule accepta seulement qu'il le conduise en char au marais. Hercule lança des flèches enflammées dans le marais pour faire sortir l'hydre de son antre. Une première tête sortit de la caverne. Hercule la réduisit en bouillie d'un énorme coup de massue. L'hydre sortit totalement de son antre tandis que deux nouvelles têtes poussaient sur le moignon de la première écrasée par Hercule. Iolas tendit son glaive à Hercule qui trancha trois têtes d'un seul mouvement. Le sang de l'hydre, connu pour être un poison mortel, éclaboussait Hercule mais il était protégé par la tunique qu'il s'était faite avec la peau du lion de Némée. Les 3 têtes se dédoublèrent et hercule recula sur la berge.
Hercule eut ensuite l'idée de brûler le cou de la bête juste après avoir tranché la tête : ceci empêcha les têtes de se dédoubler.
Face à la tête immortelle restante, Hercule chercha au fond du marais son glaive qui lui avait échappé. Il sortit une serpe en or. Hercule fut pincé par un crabe et détourné de son combat, ce qui aurait pu lui être fatal lors de l'ultime attaque de l'hydre. Mais il réussit à lui trancher la tête à l'aide de la serpe. Celle-ci roula sur le côté et l'hydre agonisante fut engloutie par le marais.
Hercule trempa ses flèches dans le sang empoissonné de l'hydre s'échappant de la tête immortelle, pour rendre tous ses coups mortels.
Il enterra la tête encore vivante loin de l'eau et sous un rocher. Junon qui avait placé le crabe sous les pieds d'Hercule était folle de rage. Jupiter qui avait envoyé la serpe d'or, était fier de son fils et créa alors la constellation du crabe.
3. Tuer le Sanglier d'Erymanthe
Les paysans du mont Erymanthe implorèrent Eurysthée de faire quelque chose contre l'énorme sanglier qui dévastait leurs cultures, dévorait leurs troupeaux et anéantissait leurs récoltes.
Eurysthée ordonna à Hercule de capturer ce sanglier et de lui amener vivant, espérant ainsi rendre Hercule ridicule aux yeux du peuple qui l'admirait un peu trop au goût du souverain.
Il fallut plusieurs jours à Hercule pour rejoindre la rivière Erymanthe. Il en remonta le cours jusqu'au sommet de la montagne où les paysans s'agenouillèrent devant Hercule l'implorant de les délivrer de ce monstre qui ravage leurs cultures.
Il fut facile pour Hercule de pister le sanglier : il était si lourd que ses traces étaient fortement marquées sur le sol, de plus les arbres étaient lacérés et la terre retournée partout où la bête était passée.
Il finit par se trouver nez à nez avec l'animal. Mais ne pouvant utiliser ses armes de peur de blesser ou de tuer l'animal, Hercule le vit s'enfuir.
Il passa ensuite plusieurs jours à explorer le mont Erymanthe et à étudier les habitudes du sanglier.
Après plusieurs tentatives infructueuses pour le capturer, Hercule passa plusieurs semaines à creuser des fossés, bouger des pierres, créer des impasses, agrandir des sentiers sur le mont Erymanthe.
Un matin d'hiver, la neige se mit à tomber recouvrant le mont. Hercule repéra aisément les traces du sanglier dans la neige et se mit à le poursuivre. A la fin de la journée, comme Hercule l'espérait, le sanglier s'engagea sur un sentier qu'il avait modifié débouchant sur un petit ravin. Le sanglier ne pouvait plus lui échapper. La bête tomba dans le ravin mais sa chute fut amortie par la neige. Il fut juste assommé. Hercule n'eut plus qu'à ficeler les pattes de l'animal et à le hisser sur son dos afin de l'amener à son cousin Eurysthée.
4. La biche de Cérynie
Après les premiers succès éclatants d’Hercule, Eurysthée lui ordonne de capturer un animal certainement moins effrayant que le lion ou l’hydre mais tout aussi extraordinaire : une biche tachetée étrangement dotée de cornes d’or et de sabots d’airain. Rapide comme l’éclair elle appartenait à l’attelage de la déesse chasseresse Artémis, autant dire que l’animal sacré ne devait pas être blessé et encore moins tuée par le héros. Un voyageur avait récemment aperçu cet animal fabuleux.
Suivant le désir d'Eurysthée, Herccule poursuivit l'animal toute une année, sans l'atteindre. La biche finit cependant par s'épuiser, et se réfugia sur le mont Artémission. Elle voulut traverser le Ladon, quand Hercule lui décocha une flèche entre l'os et le tendon de la patte en prenant soin de choisir une flèche non empoisonnée par le sang de l'hydre. La biche fut immobilisée sans qu'une goutte de sang ne fut versée. Il chargea l'animal sur ses épaules et traversa l'Arcadie pour se rendre chez Eurysthée.
En chemin, il rencontra Artémis et Apollon, qui l'accusèrent de sacrilège pour avoir maltraité la bête. Le chasseur s'en récusa et fit ressortir l'obligation dans laquelle il se trouvait, rejetant la responsabilité sur Eurysthée. La colère d'Artémis s'apaisa et elle l'autorisa à se rendre à Mycènes à condition de relâcher ensuite sa protégée sans lui faire de mal.
Hercule amena donc la biche à son cousin qui l'enferma dans une cage. Le lendemain, à la plus grande stupeur d'Eurysthée, la biche avait disparu.
5. Les oiseaux du lac de Stymphale
La surface du lac de Stymphale, situé au centre de l'Arcadie, était devenue depuis bien longtemps le domaine d'oiseaux cruels. Ces oiseaux étaient les enfants de Mars, le dieu de la guerre. Leur bec, leurs serres et leurs ailes étaient en airain, leur taille monstrueuse et la légende voulait qu'ils se nourrissaient de chair humaine.
Eurysthée ordonna à Hercule de se rendre au lac de Stymphale et de l'en débarrasser des tous ces maudits oiseaux.
En approchant du lac, Hercule vit un paysan se faire attaquer et tuer par un de ces horribles oiseaux. Après avoir assisté à cette scène d'horreur, Hercule leva les yeux au ciel et aperçut une nuée d'oiseaux prête à fondre sur lui. Sans trembler il leur décocha coup sur coup plusieurs flèches empoisonnées du sang de l'hydre et les tua. Il continua ensuite sa progression vers le lac. Lors de son arrivée au bord du lac, les oiseaux se réfugièrent sur les arbres environnants. Hercule implora alors Minerve de l'aider. Des cymbales apparurent alors près du lac. Hercule les frappa de toutes ses forces l'une contre l'autre. Les oiseaux effrayés sortirent de leur cachette et Hercule les abattit des ses flèches empoisonnées.
Quand il constata que le ciel était vide, il remercia Minerve pour son aide et se remit en route vers Tyrinthe.
6. Le taureau du roi de Crête
Un beau jour d'automne, Minos, le roi de la Crète, avait promis à Poséidon qu'il sacrifierait ce que le dieu de la mer ferait jaillir des flots, il espérait ainsi protéger son île des tempêtes. Poséidon fît alors émerger des eaux un merveilleux taureau noir. Subjugué par l'animal, le roi ne put se résoudre à le tuer et l'enferma dans un enclos. Il l'utilisa alors pour agrandir ses troupeaux. En échange, il sacrifia une autre bête de son troupeau pensant confondre Poséidon mais ce dernier, exaspéré, s'aperçût aussitôt de la duperie : pour punir Minos, le dieu des mers transforma le fabuleux taureau en un animal sauvage incontrôlable.
Déchaîné par une folie destructrice, l'animal ravage les vignobles, dévaste les campagnes, fonce à travers les forêts, transperce le cœur des cités, et assaille les habitants de la Crète.
Eurysthée s'inquiétant de la popularité grandissante d'Hercule, eu vent de cette histoire. Le roi de Mycènes et de Tirynthe lança donc au héros le défi de capturer l'effrayant taureau de Crète.
En débarquant à Cnossos, Hercule vit les gens quitter le port à la hâte et dans le plus grand désordre. Il se mit à courir et au détour d'un chemin, il vit le monstre furieux en train de saccager un champ.
Dès qu'il aperçut cet humain ne fuyant pas devant lui, le taureau s'immobilisa. Hercule le provoqua mais la bête refusa d'avancer. Hercule disposa sur le sol un grand filet et se mis à avancer vers le monstre. Il agita sa tunique en peau de lion devant l'animal qui lui fonça dessus. Hercule l'attrapa par les cornes et l'attira dans le filet. Le taureau fut alors pris au piège. Hercule rentra à Tyrinthe avec l'animal dompté qu'il libéra devant son cousin.
7. Les juments de Diomède
En Thrace, vivait un roi sanguinaire. Il s'appelait Diomède. Il était le fils de Mars, le dieu de la guerre et de Cyrène, la néréide. Il régnait sur un immense territoire au nord de la mer Egée. Les îlots rocheux étaient si nombreux que de nombreux navires venaient s'y fracasser. Diomède faisait capturer les naufragés et les donnait en pâture à ses chevaux. Les juments étaient devenues carnivores car le roi de Thrace ne les nourrissait que de chair humaine. Réputés indomptables, les juments de Diomède restaient en permanence enfermées dans les écuries, devant leurs mangeoires de bronze et solidement attachées par des chaînes de fer.
Eurysthée, cherchant toujours à nuire à son cousin, lui ordonne de se rendre en Thrace, de capturer les juments de Diomède et de les rendre inoffensives.
Hercule embarqua dans la galère de Philos, le plus valeureux lieutenant d'Amphitryon, et se rendit à la capitale de Thrace. Ils arrivèrent la nuit et repérèrent aisément les juments. Ils entrèrent dans les écuries où ils furent surpris par Diomède et sa garnison. Hercule fit prisonnier le roi et ils épargnèrent les soldats. Hercule jeta Diomède dans les mangeoires en bronze et les juments se ruèrent sur leur repas. Avec ce dernier repas, les juments furent calmées et Hercule put les approcher et les faire monter à bord de la galère. Les juments embarquèrent docilement et acceptèrent de se nourrir de fourrage tout au long du trajet. Comme il était convenu, le héros présenta les juments à Eurysthée.
8. La ceinture d'Hippolyte
Eurysthée chérissait sa fille Admète : il cédait à tous ses caprices. Celle-ci exigeait posséder la ceinture d'or d'Hippolyte, la reine des Amazones.
Les Amazones sont un peuple guerrier uniquement composé de femmes, qui ne connaissent ni pudeur ni pitié. Elles s'unissent aux hommes (avant de les tuer) uniquement pour perpétuer la lignée féminine abandonnant ou tuant les nourrissons de sexe mâle. Arrivées à l'âge de se battre, elles se coupent le sein droit pour mieux manier l'arc et le glaive et n'épargnent leur sein gauche seulement pour pouvoir allaiter leurs filles. Hercule mit donc le cap vers l'est en direction de Thémiscyra, la capitale des Amazones, accompagné d'un groupe de volontaires.
Arrivés à Thémiscyra, Hercule et ses compagnons furent introduits dans le palais de la reine Hyppolite qui n'avait rien de sévère ni de cruel. Elle souriait même au héros dont elle avait entendu les exploits. Une fois seul avec la reine, Hercule lui expliqua rapidement l'objet de sa visite et lui présenta les nombreux cadeaux offerts par Eurysthée en échange de sa ceinture. La reine, admirative, accepta de donner sa ceinture à Hercule qui était heureux de pouvoir résoudre l'un de ses travaux sans verser la moindre goutte de sang. Il commença alors à dégrafer la ceinture d'Hyppolite.
Mais, le héros ne se doutait pas de la présence d'Héra, qui, déguisée en amazone, répandait la rumeur d'une incursion étrangère visant à enlever la reine. Il n'en fallut pas moins aux amazones pour prendre leurs arcs et leurs javelots et pénétrer dans la salle où se trouvait Hercule et la reine. Fidèle à son manque de clairvoyance, Héraclès est alors convaincu de la trahison d'Hippolyte. L'accueil pacifique de la reine n'avait été qu'un moyen de l'amadouer. Aveuglé par la colère, les amazones lancèrent leurs javelots sur Hercule mais la reine s'interposa et reçu un coup mortel. Elle ordonna dans son dernier souffle à Hercule de prendre sa ceinture et de s'enfuir : la brutalité de cette mort s'ajoutait à son injustice, le tempérament inconstant du héros, associé à la malveillance d'Héra, avait provoqué la mort de la belle et généreuse reine des amazones. Dans la hâte, Héraclès arrache la ceinture d'or du corps d'Hippolyte et réunit ses hommes pour embarquer au plus vite.
9. Les écuries d'Augias
Eurysthée décida de froisser l’amour-propre d’Hercule en lui assignant une mission aussi laborieuse que dégradante : nettoyer les écuries d’Augias. Augias, le roi d'Elide, possédait un grand troupeau mais il négligeait ses animaux. Depuis plus de trente ans, il n'avait pas fait nettoyer ses écuries. Rebutés par les immondices s'y étant accumulés, même les esclaves refusaient d'y pénétrer. Négligées, les bêtes ne travaillaient plus aux champs. Privées d'engrais, les moissons se faisaient rares. Elide était devenu un royaume appauvri qui se vidait de ses habitants. L'odeur pestilentielle des écuries arrivait même aux frontières avec la Grèce.
Résigné, Hercule traversa l'Arcadie et se rendit dans le royaume d'Augias. Il repéra les lieux, fit évacuer les animaux des écuries et se mit à creuser un fossé jusqu'au fleuve le plus proche, l'Alphée. L'eau s'y engouffra. Hercule créa un barrage au niveau d'un second fleuve voisin, le Pénée. Il fit déborder le réservoir ainsi formé : l'eau débordante se précipita dans la vallée, envahissant les écuries.
Quand il décida que tout était nettoyé, Hercule détruisit les déviations des fleuves qu'il avait mis en place : ceux-ci retrouvèrent rapidement leurs lits respectifs. Le soleil couchant finit de sécher le sol.
10. Les bœufs de Géryon
Très loin à l'occident, là où chaque soir le dieu du Soleil, Hélios, noie sa coupe dorée dans l'océan, vivait le monstrueux Géryon, fils du titan Okéanos et qui a eu la particularité de naître avec trois têtes, six bras et trois corps unis à la taille. C'était l'être le plus fort au monde. Il vivait seul, entouré de mille bœufs roux. Pour garder cet immense troupeau, il possédait deux animaux tout aussi difformes et effrayants que lui : Orthros, un chien à deux têtes, et Eurythion, un dragon à sept têtes. Eurysthée avait décidé d'offrir en sacrifice à Junon les bœufs de Géryon et il ordonna à Hercule de les lui ramener.
Hercule s'élança donc en solitaire sur la Méditerranée afin d'atteindre au plus vite ces lointaines contrées. Bien vite, le héros s'ennuya sur sa barque et décida d'abréger sa croisière en s'échouant sur les côtes les plus proches : il débarqua donc en Libye. Durant plusieurs jours, il longea les côtes africaines qui le menèrent vers l'ouest. Quand Hercule atteignit enfin le bout de la Méditerranée, là où Atlas soutient la voûte céleste , il repassa sur le continent européen par l'intermédiaire d'une petite bande de terre qui relie encore le sud de l'Espagne et l'Afrique du nord : il décida de laisser une trace de sa venue dans ces contrées. Il écrasa alors ses deux énormes poings au sol ce qui ouvrit en deux l'écorce terrestre avec une secousse, comparable à un séisme et forma ainsi deux colonnes rocheuses appelées depuis "les colonnes d'Hercule"(Ceuta et Gibraltar). Mais en séparant l'Europe de l'Afrique, Hercule a involontairement ouvert ce qu'on appelle aujourd'hui le détroit de Gibraltar, en effet, la Méditerranée, jadis immense lac d'Europe, s'engouffre rapidement entre les deux colonnes et se convertit alors en mer ouverte sur l'océan Atlantique.
Le soleil torride qui règne sur la région de Tartessos força Hercule à trouver un refuge à l'ombre. Le héros décida de défier Hélios et il lui décocha une. Ce dernier, surpris par l'audace du héros, lui somma de ne pas tirer, il lui déclara même que la témérité de son comportement lui vaudrait un présent ; c'est ainsi qu'Hélios, loin d'être offensé par le geste d'Héraclès, lui offrit une gigantesque coupe d'or qu'il déposa dans l'océan : le héros pouvait désormais traverser l'océan sans aucun souci ; d'ailleurs, il se dépêcha d' embarquer sur l'étrange navire qui, légèrement poussé par une force mystérieuse, se dirigea rapidement vers l'île d'Erythie déjà en vue.
Des aboiements effrayants l'accueillirent à son arrivée sur le domaine de Géryon. Un molosse à deux têtes se jeta sur lui, en ouvrant ses gueules bavantes armées de crocs puissants. Hercule abattit la première d'un coup de massue et transperça la seconde d'un coup de glaive. Le chien monstrueux s'affaissa, sans vie. Le bruit alerta Géryon, le géant à trois têtes, qui vint menacer Hercule. Il appela Eurythion à son secours. Hercule sortit ses flèches empoissonnées et tira. Il atteignit six des sept têtes du bouvier. Il pulvérisa la dernière d'un coup de massue. Vint ensuite un corps à corps terrifiant entre le Géryon et Hercule qui terrassa le géant de trois flèches plantées au milieu des trois fronts.
Il ne restait plus au héros qu'à ramener les bœufs à leur nouveau propriétaire Eurysthée.
11. Les pommes d'or du jardin des Hespérides
Hercule n'avait plus que deux travaux à effectuer. Eurysthée qui ne désespérait pas de se débarrasser de son cousin, crut enfin trouver le moyen de lui confier une mission irréalisable. Il lui ordonna alors de dérober les pommes d'or du jardin des Hespérides. Ces fruits étaient sacrés : c'est Gaïa qui les offrit à Héra quand elle épousa Jupiter. Il furent placés dans un jardin dont nul ne connaissait l'emplacement exact.
Longeant la côte Adriatique vers le pays des Illyriens, Hercule atteignit assez rapidement le fleuve mythique du nord-ouest : L'Eridan. Il remonta le mystérieux fleuve jusqu'à sa source, guidé par le chant envoûtant des naïades. Ces dernières s'avancèrent doucement vers le héros, virevoltant autour de lui mais leur charme ne perturba pas Hercule impassible. Celui-ci questionna les nymphes aquatiques sur le jardin des Hespérides. Touchées par le désarroi du héros, les gracieuses néréides l'invitèrent à rencontrer leur père Nérée, Vieillard de la mer, qui serait susceptible de l'aider dans sa quête. Elles lui indiquèrent avec un inquiétant sourire l'endroit où le vieux sage à l'habitude de dormir. Sur ces derniers mots Hercule se lança sur les traces de ce mystérieux Nérée. Après seulement une centaine de pas, le héros aperçoit un vieil homme endormi profondément dans une petite grotte, une longue barbe et de longs cheveux ne pouvait cacher son visage creusé par le temps. Hercule l'interpella. Nérée troublé dans son sommeil se changea instantanément en lion et se jeta sur Hercule qui le terrassa et le ligota. A peine ligoté, Nérée se changea en serpent mais Hercule fut vif et l'attrapa par le cou et le serra. Le vieil homme se transforma en flammes ardentes pour tenter de brûler le héros qui étouffa les flammes avec sa peau de lion. Nérée, alors impressionné, reprit sa forme humaine et indiqua à Hercule que le jardin des Hespérides se trouvait près des îles fortunées, non loin du mont Atlas. Devant l'étonnement d'Hercule, il lui apprit également que les Hespérides, Eglé, Erythie et Aréthuse, étaient les filles d'Atlas et Hespéris.
Plusieurs jours plus tard, en poursuivant sa route, Hercule aperçut Prométhée enchaîné à un rocher (par Jupiter car il avait volé le feu aux dieux pour le donner aux hommes), en train de se faire dévorer par un vautour. Hercule lui décocha un flèche et libéra Prométhée de ses chaînes (sous la surveillance de Jupiter touché par la pitié dont son fils avait fait preuve). Prométhée le remercia et lui indiqua que les pommes d'or étaient gardées par un dangereux dragon à cent têtes. Il lui conseilla de demander l'aide d'Atlas pour sa mission.
Hercule poursuivit sa route en passant par les colonnes d'Hercule qu'il avait créées l'année précédente en se rendant sur le domaine de Géryon. Une nouvelle fois il reçut l'aide d'Hélios qui le déposa en Lybie grâce à sa coupelle d'or où il rencontra Antée, le fils de Gaïa et Neptune, un pirate qui tuait les naufragés. Antée l'attaqua et après un terrible corps à corps, Hercule serra le géant contre lui et l'étouffa, comme il l'avait fait des années auparavant avec le lion de Némée. Epuisé, Hercule s'endormit et à son réveil il de rendit compte qu'il était prisonnier du peuple des Pygmées. Il se libéra de ses entraves en se relevant d'un coup et captura quelques uns des Pygmées qu'il plaça dans son sac.
Il se dirigea ensuite vers le mont Atlas. Sur place, le géant Atlas voulu le remercier d'avoir libéré son frère Prométhée : il lui proposa d'aller au jardin des Hespérides cueillir les pommes pour lui à condition qu'Hercule soutienne le ciel en son absence. Libéré du poids du ciel, Atlas partit gaiement remplir sa mission. En revenant avec son panier de fruits, Atlas ne voulait pas reprendre sa place sous le ciel et céder les fruits à Hercule qui dut ruser. Il fit mine de ne plus soutenir le ciel et Atlas, qui avait peur de recevoir le ciel sur la tête, reprit sa place. Hercule put donc rentrer à Mycènes apporter les pommes d'or à Eurysthée.
Eurysthée, impressionné par ces fruits sacrés, les laissa à Hercule. Dans la nuit Minerve vint récupérer les fruits pour les rapporter au jardin des Hespérides. Mais avant de partir, elle lui fit goûter un fruit qui s'avéra être une orange !
12. Le chien Cerbère
Depuis qu'Hercule était au service de son cousin, huit années s'étaient écoulées. Hercule avait déjà accomplit onze des douze travaux réclamés par l'oracle. Eurysthée cherchait toujours un moyen de se débarrasser d'Hercule. Un matin, il le convoqua à Tirynthe et lui ordonna de lui rapporter Cerbère, le gardien des Enfers.
En effet, Pluton, le dieu des Enfers, laissait toujours ouvertes les portes du Tartare et avait placé ce féroce chien à trois têtes et à queue de dragon pour empêcher les âmes damnées de sortir.
Jupiter envoya Mercure aider Hercule à trouver l'entrée du Tartare. Mercure amena le héros au bord du Styx et le laissa embarquer seul dans la barque noire de Charon, le passeur.
Arrivé en terre Tartare, Hercule reçu l'autorisation de Pluton pour affronter Cerbère mais à mains nues. Hercule abandonna ses armes et avança vers le molosse qui s'enfuit se réfugier derrière le trône de son maître.
Hercule bondit sur l'animal, vêtu de sa peau de lion pour ne pas être déchiqueté par les crocs acérés du gardien des Enfers. Il saisit le cou du chien et le serra pour l'étouffer.
Pluton intervint pour éviter la mise à mort de l'animal et autorisa Hercule à emmener le chien avec lui jusque Tirynthe.
Lors de l'arrivée d'Hercule devant son palais, Eurysthée terrorisé fut obligé de reconnaître la victoire de son cousin. Il lui ordonne alors de ramener le chien aux Enfers et de quitter les lieux pour toujours. Ainsi, bien loin de déplorer une nouvelle fois l'inutilité de ses travaux, Hercule restitue le gardien des Enfers à Pluton avec toute la joie d'un prisonnier qui retrouve sa liberté après de nombreuses années d'expiation. Son repos, aussi bref qu'il soit, lui sera bien mérité…
Bibliographie :
Collection,
Moama Mahamady, Alias Keita Mamadou, le 15 Décembre 2014
Remerciements :
Nous remercions le Club des Jeunes pour la Promotion Littéraire en guinée pour son engagement à accompagner ce document tant dans sa conception, son élaboration, sa saisie que dans sa publication. Nous remercions également les partenaires proches et lointains qui nous ont assisté à la mise en œuvre de cette ambition, en occurrence l’AJERAB-Kindia (Association des Jeunes Etudiants Ressortissants et Amis de Koundara à l’Université de Kindia) piloté par son Président Sidibé Mamba, professeur de Français. Sans oublier le suivi financier de la Micro-Finance Youman-Business, à travers son chef : Youssouf Manet (Economiste), de même que les efforts sur les aspects techniques et didactiques des personnes comme :
- Telly N’Diaye (Hommes de Lettres)
- Abdoulaye Camara (Historien spécialiste des Relations Internationales)
- Diallo Mamadou Aliou (Historien spécialiste des Relations Internationales).
- Keita Seydouba (Homme de Lettres).
NB : un service après-offre est assuré par le Club, pour répondre aux besoins éventuels relevant du contenu de ce document, que cela soit en appels, messages textes ou par email (voir les adresses au pied de pages)
Auteur : Keita Mamadou
Examen et réalisation : C.J.B.L
Homme de lettres, diplômés de la faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Kindia
Chercheur sur la Littérature Antique-Greco-Romaine
Domaine de Recherche et d’expertise : Littérature Africaine des Origines à nos Jours.
c'est fort
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